Publié le 06/12/2008 à 12:00 par neesousx
Voici en quelques mots la raison de l’existence de ces pages.
Née sous X, il y a déjà de nombreuses années, ce site représente pour moi une bouteille à la mer, une lueur dans l’obscurité, un appel dans le silence.
Et qui sait ? ........ le hasard fait parfois bien les choses........... la preuve, vous me lisez.
Ce blog prend le relais de mon site personnel qui est en nom de domaine propre :
http://www.maux-damour-aux-mots-damour.com
malheureusement il ne sert plus à rien.... je vais le laisser mourir... dans 6 mois il sera fermé.
Pour les X et tous les autres j'ai fait ce blog
Publié le 15/12/2008 à 12:00 par neesousx
[COLOR=blue]
Je ne suis pas née comme “tout le monde”, enfant de personne, sans père ni mère, sans identité réelle, sans racine puisque née sous X le 15 mai 1958 à Besançon ; en termes clairs je ne suis qu’un prénom : Véronique, donné par ma mère biologique.
Pour pallier à ce X l’officier d’état civil m’a affublé d’un nom de famille de son choix “Marie”.
Le procès-verbal d’abandon a été établi le 21 mai 1958, j’ai alors été admise dans le service d’aide sociale à l’enfance du Doubs sous le numéro 439 dans la catégorie “trouvés”. Et je peux vous dire que la première fois que vous lisez ce “trouvés” ça fait mal, trouvé comme un chien sans papier ou dans une poubelle....
J’ai donc été placée comme pupille de l’état à la pouponnière “Châteaufarine” de la DDASS, toujours à Besançon. Ma mère biologique, en signant l’acte d’abandon, avait exprimé par écrit sa volonté pour que je sois adoptée. Chose qui a été réalisée en octobre 1958 puisque j’ai été confiée à une famille en vue de mon adoption plénière.
Le tribunal de grande instance de Saône et Loire a prononcé le 24 juillet 1959 ma légitimation adoptive. Tout à coup, par un coup de baguette magique et d’actes administratifs j’existais....... j’avais une identité, toujours aussi fausse mais j’avais des “parents” et une “famille”. J’étais devenue Patricia à la demande de ma mère adoptive. Je n’avais pourtant que Véronique comme réel, comme racine, comme origine.
A un peu plus d’un an et je suis quelqu’un.....
J’ai toujours su que j’ai été adoptée et j’en suis reconnaissante à mes parents adoptifs. La blessure est peut être moins importante que de l’apprendre fortuitement, beaucoup plus tard, parfois même à un âge avancé.
L’adoption c’est très bien, j’y ai reçu une excellente éducation et beaucoup plus d’attention que si j’étais restée dans un foyer de la DDASS, c’est indéniable.
Mais un bébé grandit et change.... parfois il ne correspond pas aux critères physiques ni aux espérances de la “famille”. Ce fut mon cas : tous très grands, minimum 1m70, je suis petite ; tous très bruns, je suis châtain roux ; tous des intellectuels et des “matheux”, ça a toujours été ma “bête noire”. J’ai toujours été comparée à mes cousins, cousines et aux espoirs déçus de ma mère adoptive, mais pas à ceux de mon père adoptif, c’est pourtant son nom à lui dont il m’a fait cadeau, car ils ont divorcé quand j’étais encore enfant, et mon père adoptif est décédé quand j’étais toute jeune adulte.
Quand je faisais une bêtise j’entendais dire que cela devait être du à “mes antécédents”, “qu’on ne savait pas d’où je sortais”.... Antécédent est le premier mot que j’ai cherché dans un dictionnaire et j’en connais, par force, très bien la signification.
Adolescente on me demandait si cela ne me gênait pas de m’incruster dans la famille, que répondre ? que dire ? que faire ?
A leurs décharges je n’ai pas été facile, très difficile même et rebelle, je me suis toujours sentie une intruse, je n’ai jamais eu de place, je l’ai cherchée pendant des années..... jusqu’au décès de ma mère adoptive il y a trois ans maintenant.
Depuis, en dehors de mon frère adoptif j’ai coupé volontairement les ponts avec les autres membres de ma famille adoptive étant considérée comme une intruse rien ne servait de maintenir le lien.
Je cherche à recoller les morceaux, à rendre nette l’image floue que me renvoie le miroir. Car, même avec la naissance de mes trois enfants et le temps qui passe ce “vide” est toujours omniprésent. C’est une blessure lancinante, jamais refermée qui ne demande qu’à redevenir béante sur un seul mot, une simple image ou un geste banal.
Publié le 15/12/2008 à 12:00 par neesousx
[COLOR=blue]
L’absence a des relents que la tristesse implore
Lorsqu’on est né de rien ou d’un peu moins que ça ;
Et le temps, ce vaurien, paisiblement instaure
Un manque permanent où l’on devient forçat,
Tant le besoin têtu de trouver ces racines
Sait tracasser les coeurs et veiller au suivi.
Quoi qu’en dise le sort, rien d’autre ne fascine
Cette quête ténue qu’aucun mot n’assouvit,
Tandis que les années accumulent les vides
Que ne peuvent combler l’amitié ou l’amour,
Même si leur ardeur en tout point coïncide
Avec l’intensité d’un solide secours,
Les dossiers prudemment livrent enfin leur flou,
Comme pour attiser les braises qui trépignent
Et risquent à tout moment le rude contre-coup
Qui hurlerait la mort, face à un monde indigne.
Merci à Christophe Chazal-Martin
Publié le 30/12/2008 à 12:00 par neesousx
Et pour essayer d’apaiser ma souffrance et ma honte, extrêmement peu de personnes de mon entourage proche sont au courant de ma naissance sous X, je ne l’ai avouée à mes propres enfants que depuis quatre ans seulement, mon fils aîné a 25 ans ; et puisque la loi nous permet, depuis quelques années, d’avoir accès à nos dossiers je me suis, comme beaucoup, lancée dans une quête éperdue et un véritable parcours du combattant avec un espoir fou dans la tête et le coeur.
Je vous conseille deux livres qui m’ont apporté beaucoup sur la compréhension de certaines de mes réactions :
“L’enfant adopté : comprendre la blessure primitive” de Nancy Newton Verrier aux Editions “de boeck”.
"Au risque de l'adoption : une vie à construire ensemble" de Cécile Delannoy aux Editions La Découverte.
Je souhaite une seule chose : que mes recherches aboutissent à un résultat, je suis prête à tout entendre même le pire, même à vivre un rejet donc un autre abandon. Il vaut toujours mieux savoir, même si mes chances de trouver et de savoir sont extrêmement faibles.
Publié le 30/12/2008 à 12:00 par neesousx
Savoir tel est le mot.
Avant toutes choses, je tiens à préciser que je ne veux rien, que je n’ai aucun ressentiment, aucune agressivité, je désire seulement savoir, savoir pour moi, savoir pour mes enfants, savoir pour être en paix avec moi-même et qui sait parvenir à m’aimer un peu.
Je me suis toujours heurtée à un mur de silence auprès de ma famille adoptive “il ne faut pas savoir, cela ne sert à rien, de toutes façons elle ne voulait pas de moi, elle ne m’aimait pas elle m’a abandonnée”. Mais je reste persuadée qu’elle sait quelque chose puisque mes parents adoptifs m’ont obtenue par relation.
Pendant des années, l’époque où toutes recherches étaient vouées à l’échec car sans aucune possibilité administrative d’essayer de remonter à la source, j’ai fait semblant d’oublier, j’ai essayé de vivre avec ce mal qui me rongeait et qui me ronge toujours d’ailleurs.
Heureusement toutes les lois, même les plus imbéciles et inhumaines évoluent ; le droit à l’accès aux dossiers en est la preuve, même si dans la pratique ce droit est souvent bafoué.
Ces dernières années les différents médias s’intéressent beaucoup plus aux personnes recherchant leurs histoires et leurs racines. C’est comme cela, en regardant la télévision que j’ai vu quelqu’un qui recherchait ses parents biologiques et que j’ai eu les coordonnées de certaines associations telles que la CADCO (Coordination des Actions pour le Droit à la Connaissance des Origines).
En prenant contact avec eux cela a été pour moi une bouffée d’oxygène. Comme je n’avoue pas mon état de née sous X je n’ai personne à qui en parler, et là, avec eux, je me suis rendue compte que j’étais loin d’être la seule (nous sommes environ 400 000 en France) et rien de tel que de pouvoir partager des idées, des histoires, des vécus, des ressentis tous différents mais tous aussi si semblables.
L’aide des membres de la CADCO et de l’ADONX (Association pour le Droit aux Origines des enfants Nés sous X) m’est infiniment précieuse. Grâce à eux, j’ai su comment débuter et orienter mes recherches, avoir des conseils, de l’aide et un précieux soutien moral. Il existe d’ailleurs trois fois par an des réunions “officielles” au “Père Tranquille” à Paris, mais nombreux sont ceux qui se rencontrent en dehors de ce lieu et de ces dates, nous sommes en quelque sorte une “grande famille” et nous nous serrons les coudes, nous épaulons autant que nous le pouvons.
Publié le 30/12/2008 à 12:00 par neesousx
Depuis 1996, avec beaucoup de patience, d’attente, d’espoir et de désespoir, j’ai réussi à obtenir certains renseignements.
En consultant mon dossier DDASS j’ai eu la chance de trouver, inscrites dans la marge du procès-verbal d’abandon, quelques informations notées par l’assistante sociale (j’ai retrouvé sa trace mais elle était malheureusement décédée six mois auparavant) dont je me sers pour essayer de remonter à la source ainsi qu’une lettre manuscrite écrite depuis la ville de Metz de ma mère biologique.
Je sais que mes origines sont à Metz, que ma mère biologique se prénomme Agnès, qu’elle a fréquenté l’école privée Pigier, qu’elle était secrétaire et que ses parents n’ont pas voulu qu’elle me ramène chez eux. Et noté également que mon père biologique était étudiant, avait 22 ans, que son père était architecte, mais il ne voulait pas d’enfant.
En contactant l’école Pigier de Metz, j’ai pu obtenir d’autres renseignements , sont-ils bons...., grâce aux dates et au prénom “Agnès”, j’ai un nom de famille M-----, extrêmement courant dans l’est de la France, une date de naissance : 1er octobre 1938 et une adresse ancienne : 31 rue Marchand à Metz, qui ne correspond plus. Mais est-ce réellement la bonne piste ?
Pourtant, j’ai eu un besoin vital d’aller visiter Metz, de me rendre à cette adresse. J’ai consulté les listes électorales : personne ne correspond. Il me reste les villages et les villes de la Moselle..... je ne suis pas au bout de mes efforts.
Je consulte également les listes électorales de toutes les villes où apparaissent dans l’annuaire le nom et le prénom que je cherche. Pour l’instant mes recherches sont vaines et il y a de grandes chances qu’elles se restent, c’est pire que de chercher une aiguille dans une botte de foin.
Par l’intermédiaire de mon médecin traitant j’ai pu obtenir mon dossier médical, qui datait de plus de 45 ans, comme quoi rien ne se perd dans les archives, mais celui-ci est également vide d’indices sauf que ma mère biologique m’a nourri au sein pendant 4 jours, chose bizarre pour quelqu’un qui désire abandonner son enfant.... était-ce vraiment son propre choix ? je commence à en douter.
J’ai réussi , au bout de plusieurs années de persévérance, à obtenir mon acte original de naissance (tout dépend de la bonne volonté du procureur), il n’y a pas eu de miracle.... je suis Véronique Marie, “trafiquée” par la suite. Simplement je ne suis pas née à l’hôpital comme il est inscrit dans mes papiers mais chez une sage-femme. C’est elle qui m’a déclarée à l’état civil, j’ai retrouvé très rapidement sa trace, par l’intermédiaire de son Ordre, malheureusement malgré son âge peu avancé elle était décédée depuis 5 ans. Je rencontre souvent la mort sur ce parcours, c’est elle qui ferme les portes encore ouvertes.
Ayant été baptisée le lendemain de ma naissance, je suis allée, très récemment, à l’archevêché du Doubs pour consulter les registres des baptêmes. Sur conseils judicieux, je me suis présentée comme amie de la personne recherchant et non pas pour moi-même. Le prêtre a ouvert totalement le registre, où je suis Véronique X, ainsi que ses fiches des “nés sous X” où d’ailleurs je ne figure pas, et nous avons pu relever toutes les informations voulues, mais hélas il n’y a pas eu de miracle.
Avec l’aide de personnes rodées aux techniques de recherche en généalogie nous avons suivi la piste “d’Agnès M.” de Metz, nous avons pu avoir de plus amples renseignements via les recensements et les actes d’état civil que j’ai demandé.
Publié le 30/12/2008 à 12:00 par neesousx
Les renseignements figurant sur mon acte d’abandon étaient véridiques, j’avais en ma possession, depuis 1999, l’état civil exact de ma mère de naissance. C’est bien Agnès, elle est bien de Metz, elle y vit toujours. Elle a bien été à l’école Pigier par laquelle j’avais obtenu le maximum d’indices.
Une personne habituée à pratiquer la mise en relation a pris contact par téléphone avec elle car il est hors de question, même si Agnès figure dans l’annuaire, que je rentre moi-même en contact, d’ailleurs j’en serais bien incapable et je ne veux en aucun cas comme je l’ai déjà précisé plus haut mettre la “pagaille” dans sa vie. Agnès a reconnu que j’étais sa fille..... ce vendredi 21 octobre 2005.
Alors, il faut laisser du temps au temps pour elle comme pour moi et qui sait, peut-être qu’un jour une rencontre pourra avoir lieu........
Publié le 08/01/2009 à 12:00 par neesousx
Grâce à mes recherches et beaucoup de chance, je ne suis plus née sous X, j’ai une histoire, des racines, une origine, je suis enfin quelqu’un.
Mais plus d'un an après je n'ai aucun signe de vie de sa part......
En ce mois de juillet 2007, je n'ai toujours aucun signe de vie, ce temps qui passe me paraît infini et l'association qui m'a aidée dans mes recherches n'est pas ce que je croyais. Une fois ma mère bio localisée pour eux l'aide est terminée ; ce qui compte ce sont les résultats de "localisation" pas les retrouvailles effectives. Vous êtes lâchés avec vos doutes, vos espoirs et vos désespoirs...
Alors, j'ai pris une grande décision qui me trottait dans la tête depuis fort longtemps, je vais lui écrire. Mon fils aîné se marie l'année prochaine peut-être cela la fera-t-elle réagir ? Je n'en ai aucune idée mais je ne peux passer à côté de ce moment inoubliable pour des parents ou grands parents. Je vous tiendrai au courant de la suite des évènements.
Nous sommes fin novembre 2007 et.... je n'ai commencé que trois phrases à ma fameuse lettre... vais je la finir un jour ? je ne le sais même pas, il faudrait que je me décide vraiment à écrire mais il est vrai que j'ai peur d'écrire dans le vide, qu'une autre personne qu'Agnès "tombe" dessus, alors je ne sais pas. Le temps passe vite, très vite... Le mariage de mon fils s'approche à grands pas plus que 6 mois à attendre...
Ça y est !!! c'est fait... ma lettre est partie en date du 3 janvier 2008. Je reconnais qu'il m'a été très difficile de l'écrire mais des amis m'ont largement encouragée et très fortement poussée. Il ne reste plus qu'à attendre le résultat....
Pourtant, je n'ai pas beaucoup d'illusions, d'ailleurs on ne rattrape pas le temps et surtout c'était son choix en 1958, sera-t-elle capable d'en changer presque 50 ans après...
En ce mois de mars 2008, j'ai envoyé le faire-part de mariage de mon fils à Agnès comme à tout membre de notre entourage. N'ayant pas eu le moindre signe de vie après celle du mois de janvier, nous nous doutons bien que celui-ci restera "lettre morte", mais elle sait qu'elle est attendue, sans jugement, sans demande juste avec un accueil réservé à une grand-mère et une mère.
Ce 21 juin, mon fils s'est marié, ce fut une fête inoubliable, magique, remplie d'émotions les plus fortes de ma vie.
Agnès n'a donné aucun signe de vie, tout le monde le savait... maintenant que les photos sont développées je vais lui en envoyer une, juste pour info...
Et peut-être qu'un de ces jours je pourrai lui envoyer un faire part de naissance, cette fois-ci...
Publié le 08/01/2009 à 12:00 par neesousx
En ce dimanche 25 mai 2008, jour de la fête des mères, j'ai pris ma décision, je décroche et j'abandonne, la mort dans l'âme mais quelque part beaucoup plus sereine.
Malgré le fait d'avoir envoyé le faire-part de mariage, une photo de mes enfants et une lettre pour les fêtes, le silence est toujours de mise, je pense qu'elle n'a aucune envie de nouer quoi que ce soit, que révéler ce qu'elle a tu pendant 50 ans lui est impossible ; c'est son choix et je le respecte.
Donc... j'abandonne tout....
Publié le 13/01/2009 à 12:00 par neesousx
Je n'ai surtout pas la prétention de tout connaître et de tout savoir au sujet des recherches pour nous les nés sous x, ou ceux simplement en recherche de leurs familles d'origine.
Mais, j'ai eu l'immense chance de pouvoir trouver donc savoir qui est ma mère. Cela m'a pris plus de dix ans de ma vie mais le jeu en valait la chandelle. Alors, si je peux aider d'une façon ou d'une autre, ne serait-ce qu'une seule personne, je vais décliner toutes les démarches que j'ai effectuées.
Surtout, si vous avez besoin de quoi que ce soit, n'hésitez pas à me contacter, je vous répondrai le plus rapidement possible.